Pour le concours d’art oratoire, organisé par leurs enseignants et le Théâtre de l’Unité, les élèves du BTS NRC du lycée Germaine Tillion, s’essaient au procès d’assises. Voilà qui risque de transformer leurs vocations du négoce vers le droit !

Le concours d’art oratoire vient de s’achever, après 3 jours de stage.
Voici les résultats sur les 43 étudiants des BTS NRC 1ère année, apprentissage et scolaire :

  • 1er prix : Sémia LALOUANI
  • 2ème prix : Arnaud LAMIRAULT
  • prix de l’argumentation : Benjamin MORIN

Les 3 autres finalistes de cette session étaient : Chloé DE GEORGI, Quentin HUNCKLER, Rawia BELATEL.

Bravo à tous, qui furent des avocats très crédibles !

L’article de l’Est Républicain du 06/04/2017 :

face à un procureur à la langue acerbe et au regard noir (le comédien Youssri El Yaacoubi) et à une présidente du jury au chignon et au verbe sévères (Hervée De Lafond), Rawia ne se démonte pas. Il en va de l’avenir de son client : un pauvre homme censé avoir tué son épouse, qui le battait, pendant son sommeil en l’étouffant avec un oreiller. « La nuit avant le meurtre, il a été obligé de dormir dans un cagibi. Est-ce humain tout ça ? ».

Rawia est avocate de la défense. Chloé, sa compagne de cours en BTS NRC (négoce relations clients), traduit, elle, avec la même pugnacité, les intérêts de la partie civile adversaire, à savoir la famille de la victime.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser ce faux procès d’assises, inspiré très librement de celui de Jacqueline Sauvage, n’a pas pour but de préparer de futurs avocats, mais bien des commerçants en herbe. Depuis douze ans, le lycée Le Grand-Chênois – fusionné l’an dernier avec le Viette, ensemble qui s’appelle désormais et depuis quatre jours « Germaine Tillion »- organise ce concours d’art oratoire avec l’aide des comédiens du Théâtre de l’Unité.

« Le but est d’apprendre à nos élèves, qui seront en contact avec des clients, à s’exprimer, à travailler la rhétorique mais aussi à bâtir et à défendre un argumentaire », explique Isabelle Conrod, professeur d’économie et coordinatrice de la section NRC. « L’exercice est aussi très bon pour les ouvrir à un monde qu’ils ne connaissent pas forcément : celui des artistes ». Au final, les bienfaits pédagogiques sont là : les étudiants, intimidés au départ, osent et lâchent même la bride à leur langue et leur imagination.

C’est pour renforcer ce « lâcher prise » que le rendez-vous a sensiblement évolué au fil des ans. D’un argumentaire de départ sur un thème imposé où deux étudiants se répondaient en ping-pong, on est passé à de véritables saynètes, préparées certes, mais où les apprentis vendeurs doivent répondre du tac au tac à des comédiens aguerris.

Ce qui n’empêche pas une certaine élaboration. Ce jeudi, les six finalistes ont ainsi eu deux heures pour concocter leur plaidoirie respective. Auparavant, dans la matinée, un premier concours avait distingué, parmi une quarantaine de participants, ceux qui iraient au procès. Le thème de l’argumentaire imposé : « Un élu doit-il être un citoyen comme un autre ? ». Les profs sont joueurs…

Sophie DOUGNAC

Un concours d’art oratoire pour se préparer à la négociation

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *